Expression de la gratitude envers ce qui nous lie aux dieux, à la nature et aux hommes
Les ustensiles de festival qui contribuent à rendre les festivals japonais spectaculaires
MIYAMOTO UNOSUKE
Expression de la gratitude envers ce qui nous lie aux dieux, à la nature et aux hommes
Les ustensiles de festival qui contribuent à rendre les festivals japonais spectaculaires

Il ne fait aucun doute que les festivals japonais sont nombreux et variés. Ceux-ci trouvent leur origine dans l’acte de prier les dieux pour la paix et les bonnes récoltes dans la région. Au Japon, les températures varient considérablement au cours de l’année, avec des étés aussi chauds que ceux du Moyen-Orient et des hivers aussi froids que ceux de l’Europe du Nord. De plus, les phénomènes naturels tels que les typhons et autres inondations, les tremblements de terre soudains et les activités volcaniques constituent bien souvent des menaces pour la vie quotidienne. C’est dans ce cadre que les Japonais, qui se sont développés en tant que peuple agraire axé sur la culture du riz, celle-ci étant fortement affectée par le climat, en sont venus au concept de « la myriade de dieux ». Ils en sont venus à croire que les dieux résident dans tous les objets et phénomènes naturels, y compris le soleil et la lune, les montagnes, les rivières, les rochers, les arbres, la terre, le feu, le vent et le tonnerre. C’est ainsi qu’un grand nombre de divinités et de prières ont pris racine dans toutes les régions du pays. Les Japonais qualifiaient les phénomènes naturels favorables aux récoltes de « bénédictions divines » et considéraient les catastrophes naturelles comme « le courroux des dieux ». Ils priaient pour une bonne récolte lors des différentes phases saisonnières et agricoles, exprimant leur gratitude et leur respect pour les divinités sous la forme de festivals.
Les sanctuaires et temples bouddhistes dédiés aux divinités qui ont été érigés dans chaque région jouaient le rôle de lieu de rassemblement pour la communauté locale. Les festivals qui y étaient organisés ont été transmis en tant que pratique sociale permettant de créer des liens entre les membres de la communauté locale, de la préparation au nettoyage, et en tant que symbole de cette communauté. L’aspect des festivals a évolué de diverses façons au gré des époques et du développement économique. Ce qui est indispensable pour ces festivals, ce sont les mikoshi (sanctuaires portables), les instruments de musique, les hanten (tenues de festival) et autres ustensiles de festival.


Miyamoto Unosuke Shoten est une boutique située dans le quartier d’Asakusa de Tokyo, qui est visitée par de nombreux touristes étrangers. Depuis sa fondation à la fin de l’époque d’Edo (1603-1868) jusqu’à aujourd’hui, cette boutique a été impliquée dans la fabrication, la vente et la restauration d’ustensiles de festival et d’instruments de musique japonais, et a contribué à la perpétuation des festivals, de la culture traditionnelle et des arts du spectacle traditionnels dans tout le Japon. Depuis près de 100 ans, l’entreprise fabrique des instruments de musique pour les cérémonies impériales et a fourni un ensemble de Dadaiko (grands tambours aux motifs de flammes) de 8 mètres de haut pour les Jeux olympiques de Tokyo en 1964.
Chez Miyamoto Unosuke Shoten, c’est une équipe d’artisans qui ont hérité des compétences et de l’esprit des maîtres artisans qui est chargée de fabriquer les produits sous la devise « non pas une poignée de maîtres artisans, mais un groupe de techniciens au service de la plus haute qualité ». Par exemple, pour les taiko, tout commence par la recherche des meilleurs matériaux. Le bois coupé dans les montagnes du Japon est façonné en une forme connue sous le nom d’« arado » (forme ébauchée du corps de taiko) et séché naturellement sur une période de 3 à 5 ans. Le bois est ensuite raboté par des artisans avertis qui repèrent les caractéristiques individuelles de chaque pièce de bois et tendent du cuir traité naturellement. Il faut plusieurs années pour fabriquer un seul tambour, et les artisans intransigeants ne ménagent ni leur temps ni leurs efforts pour produire des taiko dont le son profond résonne dans le cœur des personnes qui écoutent.

Miyamoto Unosuke Shoten, qui a pour vocation de préserver et de développer les festivals et les arts du spectacle traditionnels, a récemment lancé le projet « The Echo-Logical Taiko » visant à développer des instruments de musique japonais qui utilisent les ressources forestières de Tokyo, sa ville natale. Alors que les ODD (objectifs de développement durable) sont en passe de devenir un enjeu social mondial, l’objectif est de susciter l’intérêt du public pour l’environnement et le secteur de la fabrication, tout en présentant depuis Tokyo le modèle d’une société prospère et axée sur le recyclage. Miyamoto Unosuke Shoten explique qu’il s’agit d’« une initiative visant à renouveler notre perception de la nature à travers la production d’ustensiles de festivals qui nous permettent d’exprimer notre gratitude envers la nature ». Cette boutique a en outre à cœur de populariser le taiko tant au Japon qu’à l’étranger, en ouvrant par exemple des écoles de taiko.
Miyamoto Unosuke Shoten affirme que « la capacité des festivals à rapprocher les gens et les arts du spectacle traditionnels de classe mondiale constituent une culture unique et caractéristique du Japon ». Cette boutique s’efforce également de trouver de nouveaux moyens de nouer des liens entre les gens et la nature depuis la métropole de Tokyo, tout en respectant les méthodes et les matériaux traditionnels, ainsi qu’en préservant les traditions des festivals japonais avec l’aide de nombreux bénévoles.

